14

 

David l’entendit pour la première fois au cours de la nuit. Il était couché, les yeux grands ouverts dans la chambre noire et froide. À côté de lui, le lit de Moochie béait comme une fosse… Et soudain il y eut le bruit. Un bruit déchirant de rasoir lacérant la soie. Cela sifflait avec une méchanceté gourmande. David se dressa sur sa couche, persuadé qu’un géant marchait sur la lande, tailladant les nuages à l’aide d’un grand sabre au fil étincelant. Il imaginait déjà les masses de vapeur éventrées, s’abattant sur le sol tels des animaux aux tripes de fumée, quand il aperçut le reflet de l’autre côté de la vitre.

Un reflet d’argent liquide qui glissait dans la nuit avec le mouvement de va-et-vient d’une faux… et son cœur se serra.

Il sut dans l’instant que cette chose était là pour lui. La peau fripée par le froid, il quitta le lit et s’approcha de la fenêtre. La mouette virevoltait dans les ténèbres… Venant de la lande, elle s’était avancée entre les branches du grand U formé par les bâtiments du collège, et elle tournoyait inlassablement, frôlant dangereusement les façades. Chaque fois qu’elle virait sur l’aile la lumière de la lune l’éclairait de plein fouet et on la voyait scintiller avec un éclat de scalpel.

« Une mouette de chrome », pensa David en se mordant la langue pour ne pas crier.

Et c’était exactement cela. Un oiseau de fer aux ailes affreusement coupantes dont le fil déchirait l’air à chaque nouveau piqué. Un oiseau impossible, luisant comme une arme blanche ou le tranchant d’une guillotine. Une bête de mort, sans plumes, un boomerang d’acier nanti d’un bec pointu. Et cette chose trouait la nuit, allant et venant sans relâche, cherchant sa proie de ses yeux morts. David recula vers le fond de la pièce.

Le lit vide de Moochie lui fit prendre conscience de sa solitude et de sa vulnérabilité. Il savait qu’il ne rêvait pas. La mouette était venue pour lui. Les êtres qui hantaient la lande l’avaient expédiée au collège avec une mission précise : détruire le gêneur, le témoin… Cet enfant trop fouineur qui rôdait chaque nuit dans les décombres du parc d’attractions. La mouette était un poignard volant, une arme en quête de cible.

David marcha vers le cabinet de toilette. Si l’oiseau l’apercevait il n’aurait aucun mal à fracasser les vitres pour pénétrer dans la chambre. Cependant il doutait que ce genre de créature se guidât au moyen d’informations visuelles. Un être de chrome a-t-il des yeux ? Non, bien sûr. L’oiseau déchiffrait probablement les mille émanations télépathiques véhiculées par l’éther, essayant d’isoler au milieu de cette ruche de pensées en dilution le fil qui le mènerait à l’enfant condamné.

« Je dois faire le vide, pensa David, mes pensées sont comme un signal pour elle. Chaque fois que je songe aux créatures de la lande, c’est comme si j’allumais une balise supplémentaire sur une piste d’atterrissage ! Si je continue, ma peur va fournir mes coordonnées à la mouette… et elle va venir, oui, elle va crever les carreaux et… »

Il se jeta dans la salle de bains, tira la porte et se précipita sous la douche, ouvrant le robinet d’eau glacée sans même prendre la peine de retirer son pyjama. Le flux le suffoqua, enrayant sa peur. Lorsqu’il se fut séché, il s’assit sur le carrelage et commença à apprendre par cœur les cinq prochaines leçons de son livre d’histoire, ainsi que la nomenclature des animaux vertébrés. Il ne voulait pas penser. Il ne voulait même pas rêver. Seul comptait le bourdonnement répétitif des connaissances idiotes qui peu à peu emplissait son crâne d’un bruit blanc brouillant les efforts de détection radar de l’oiseau meurtrier. Recroquevillé sur lui-même, il récitait d’une voix hachée, essayant de chasser de son cerveau l’image de la mouette de fer volant au ras des façades et dont les ailes effroyablement coupantes faisaient crier la nuit.

Il finit par basculer en avant et s’endormit, le nez sur son livre de sciences naturelles. Les lettres d’imprimerie déteignirent sur sa peau humide, traçant sur sa joue un étrange tatouage.

Dans le sommeil, les bribes des disciplines disparates qu’il avait fiévreusement tenté d’ingurgiter ne cessèrent de s’entrecroiser, tels les pinceaux lumineux d’une batterie de projecteurs fouillant la nuit. Les dates historiques heurtaient en plein vol les schémas anatomiques comme des balles de D.C.A. s’acharnant sur les ailes entoilées d’un fragile aéroplane.

Pendant toutes ces heures d’inconscience David réussit à ne pas songer une seule fois à la mouette. La sonnerie du réveil le surprit, toujours vautré sur le carrelage. Il se secoua, l’esprit embrumé, doutant déjà des images de la nuit. Il marqua tout de même un temps d’arrêt avant de pousser la porte du cabinet de toilette… et si la mouette l’attendait, de l’autre côté, dans la chambre, perchée sur le dossier d’une chaise ? Non, c’était peu vraisemblable. Un tel animal ne pouvait que frapper à la vitesse de l’éclair et disparaître. Les embuscades n’entraient sûrement pas dans ses habitudes stratégiques.

Sur le bouton de la porte sa main devenait moite. Les secondes s’écoulaient. Déjà on entendait le martèlement des élèves descendant l’escalier pour rejoindre le réfectoire. Les dents serrées il se décida enfin à ouvrir. La fenêtre était intacte, et aucun oiseau de fer ne l’attendait, agrippé au dossier de la chaise. Il s’habilla à la hâte et gagna le couloir.

Au réfectoire il se plaça en bout de table, le plus loin possible des hautes fenêtres aux carreaux piquetés de crachin.

Instinctivement ses yeux furetaient de droite et de gauche à la recherche d’une éventuelle protection ou d’un abri. Si l’oiseau apparaissait soudain dans le ciel, il pourrait se jeter à quatre pattes sous la table… ou bien encore se coiffer à l’aide de la marmite qui trônait entre les piles d’assiettes.

La nourriture passait mal. Le moindre point noir sur l’étendue du ciel le faisait frissonner. À deux reprises des mouettes frôlèrent la baie vitrée, attirées par l’odeur des aliments, mais c’étaient de vrais oiseaux, il s’en rendit compte une fraction de seconde avant de plonger sur le sol, le plateau du déjeuner brandi comme un bouclier. Il savait qu’il avait tort de s’hypnotiser sur ce sujet, que sa peur émettait des signaux susceptibles de le localiser, mais il ne pouvait s’en empêcher.

Lorsqu’il quitta le réfectoire, il connut un bref moment de répit dans le couloir presque dépourvu d’ouvertures qui menait aux salles de classe, mais dès qu’il dut s’asseoir à son pupitre il sentit à nouveau combien il était vulnérable. Jamais les vitres surplombant les radiateurs ne lui avaient paru aussi larges. Mary Bouffe-minou s’agitait sur son estrade, mais David ne la voyait pas. Il observait le ciel… si gris, si vaste. Et chaque fois qu’une mouette filait en diagonale, une giclée de sueur lui mouillait les reins.

« Je ne dois pas y penser, se répétait-il, je ne dois penser à rien. »

Il n’ignorait pas que la bête était là, quelque part au-dessus de sa tête, cherchant à capter les signaux nés de sa peur. Avec une réelle terreur, il prit conscience que sonnerait dans quelque temps l’heure de la récréation ! Non ! Il ne pouvait pas sortir à découvert, s’offrir comme une cible à ce qui allait surgir du haut des nuages ! Non… Il décida de demeurer en arrière et de se cacher dans les couloirs lorsque retentirait la cloche fatidique. Il avait aussi la possibilité de courir s’enfermer dans les toilettes, mais c’était plus délicat. Un pion surveillait les allées et venues des élèves dans l’espace carrelé des cabinets afin de s’assurer qu’aucune pratique douteuse ne s’y déroulait.

Bubble-Sucker succéda à Mary Bouffe-minou sans que David ait retenu le moindre mot de la leçon énoncée par la jeune femme trop maquillée. Seul comptait le ciel, et les taches mouvantes des oiseaux fondant sur les poubelles de la cantine. La peur du garçon lardait son cerveau de sourds élancements. Il lui semblait que des « bip-bip » de balise émettrice lui sortaient des oreilles. L’oiseau de fer se guidait sur ce signal, resserrant les cercles de ses évolutions.

Bubble-Sucker parlait en une langue inconnue dont les mots étranges ricochaient sur l’entendement de David. Un pressentiment s’empara de l’adolescent, la certitude d’une catastrophe inévitable, un avertissement mental analogue aux trois coups que le régisseur frappe avant le lever du rideau.

« Il va se passer quelque chose, murmura David, aujourd’hui, maintenant, tout va basculer… »

Il lui sembla que, quelque part, le machiniste préposé aux rouages du destin venait d’agir sur les engrenages de la machine du monde, passant d’un seul coup à la vitesse supérieure. L’air du large sentait le danger, les cris des mouettes s’étaient faits plus stridents qu’à l’accoutumée. Il leva la tête, fixant les carreaux, s’attendant que l’oiseau de fer surgisse brusquement, dans un éclaboussement de verre brisé et traverse en vrombissant comme une étoile de ninja.

Ne plus penser… Ne plus penser.

La sonnerie de la récréation lui arracha un gémissement et ses ongles s’incrustèrent profondément dans le bois du pupitre. Le sort en était jeté. Il quitta la classe en traînant les pieds, les intestins liquéfiés, les yeux hors de la tête.

— Pressez-vous un peu ! grogna Bubble-Sucker, je dois fermer la salle !

David avait les jambes molles, ses genoux s’émiettaient à chaque pas. Il faillit se jeter sur l’ancien astronome pour lui dire toute la vérité : « Vous aviez raison, les créatures de l’espace… Elles sont là, dehors ! Elles veulent me tuer ! Il ne faut pas que je sorte ! »

Mais le petit homme aux yeux trop bleus s’était déjà éloigné. David rasait les murs, cherchant une salle demeurée ouverte. Il y avait ce réduit où l’on entassait les boîtes de craies et les éponges, mais la porte en était verrouillée.

— Sarella ! gronda la voix du portier, ne trainez pas dans les couloirs, rejoignez vos camarades dans la cour.

David avança, talonné par l’homme à la gueule cassée. Pourquoi se montrait-il soudain si pointilleux, ce cerbère qui le regardait partir toutes les nuits sans lui adresser le moindre reproche ?

Et soudain il fut dehors. Ses pieds foulèrent les graviers de la cour de récréation. Le ciel, immense et gris, lui tomba sur les épaules. Il leva les yeux. La sueur débordait ses sourcils. Il s’adossa au mur de briques non loin de l’entrée des toilettes dont l’odeur d’antiseptique lui agaçait les narines.

Combien y avait-il jusqu’à la porte ? Trois mètres, quatre ? Aurait-il seulement le temps de les franchir ?

« Arrête d’y penser ! Arrête ! »

Les « bip » de la peur lui sourdaient des oreilles, plus serrés, plus sonores. Dans quelques minutes, la bête effectuerait ses derniers relevés goniométriques.

Elle n’aurait plus ensuite qu’à se laisser tomber du haut des nuages.

Une fenêtre s’ouvrit, deux étages au-dessus du garçon. C’était le directeur qui passait le buste à l’extérieur, les jumelles rivées aux yeux comme à son habitude. Sans doute avait-il remarqué quelque chose d’anormal. Un oiseau insolite ?

…insolite ?

David se plaqua contre le mur. Au même instant un sifflement sinistre vrilla l’air tandis qu’un éclair d’argent rayait l’espace. C’était comme un simple jeu de lumière, un éblouissement… Un souffle… Un soupir de déchirure. David plongea en direction des toilettes. Son mouvement le fit passer juste au-dessous du directeur. Ce fut ce qui le sauva.

Durant une seconde les signaux de son esprit se confondirent avec ceux émis par le proviseur et l’oiseau de fer, troublé, ne put établir qui pensait quoi…

Les gros yeux luisants des jumelles se braquèrent sur lui, accrochant un double éclat de lumière.

« Une mouette de fer !» songea le directeur abasourdi. Et ce fut sa dernière pensée. Une peur panique lui brûla le cerveau, la peur d’être en train de devenir fou, la peur de l’impossible, la peur de… la mort.

Durant une interminable seconde tout son esprit hurla « mouette de fer !»… et l’oiseau d’acier se guida sur ce signal tonitruant, sur ce flot de terreur acide qui le fusillait comme un rayon laser.

David boula, tête en avant sur le carrelage des toilettes. Au même moment, il entendit claquer quelque chose. Ce fut comme le faséiement d’une voile humide. Un sifflement, un choc, puis à nouveau un sifflement. Par la vitre, il distingua l’éclair de chrome qui frôlait le sol pour amorcer sa remontée. Tout de suite après il vit tomber une paire de jumelles. Puis une chose ronde et sombre qui heurta les carreaux, les souillant de giclures écarlates.

Dehors quelqu’un hurla.

David ferma les yeux. Il savait déjà qu’il venait de voir tomber la tête tranchée du directeur.

D’un seul coup, les cris et les rires cessèrent, et un épais silence régna sur la cour de récréation. David ne parvenait pas à se relever. Étendu entre deux rangées d’urinoirs, il regardait les macules écarlates zébrer les carreaux de leurs gouttes poisseuses. Enfin un rire nerveux fusa, aussitôt étouffé. Puis la voix du portier tonna.

— Écartez-vous, bon sang ! Écartez-vous.

David se releva. Il claquait des dents. L’oiseau l’avait raté de peu… de très peu. Tournait-il toujours au-dessus du collège ou bien avait-il regagné sa cachette ? Quelle était l’intelligence réelle de ces créatures ? La mouette de chrome avait-elle compris son erreur ?

À l’extérieur, on se précipitait, et les semelles des élèves raclant le gravier produisaient un bruit pénible. David se risqua sur le seuil des toilettes, mais les garçons constituaient déjà une muraille compacte et il ne put rien voir.

— Sa tête ! hoqueta quelqu’un, mince… On lui a coupé la tête !

David leva les yeux vers la fenêtre par laquelle s’était penché le directeur, mais le corps semblait avoir basculé à l’intérieur de la pièce. Il n’y avait presque pas de sang sur la façade, cependant l’oiseau, en rasant le mur, avait provoqué la chute d’un lourd écusson de fer rivé à la maçonnerie, à la hauteur du troisième étage. Le blason avait dégringolé le long de la muraille, rabotant les rebords des fenêtres avant de se ficher dans le sol, comme un soc de charrue.

— Écartez-vous ! vociférait le portier. Shicton-Wave, prenez vos gars et mettez un peu d’ordre dans ce troupeau !

— La police, gémit un petit, il faut prévenir la police.

— Maintenant c’est nous, la police ! rigola Bonnix.

— C’est un accident, balbutiait Bubble-Sucker, l’écusson s’est détaché du mur, vous voyez… Il l’a reçu sur la nuque, comme une lame de guillotine.

— Je vous en prie, hoqueta Marie Bouffe-minou, n’en rajoutez pas !

Elle était verte et s’accrochait au bras du petit astronome pour ne pas défaillir.

Shicton-Wave et Bonnix dispersèrent les élèves à coups de gifles et de bourrades. Il était manifeste qu’ils prenaient un grand plaisir à ce travail de basse police. David se résolut enfin à longer le mur qui menait au préau. Il ne voulait pas s’attarder à l’extérieur. Il s’engouffra très vite dans le couloir et gagna sa chambre dont il tira les volets.

« Ma tête est mise à prix, ne cessait-il de se répéter, ma tête… Ma tête… »

Dès qu’il fermait les yeux, il revoyait la boule sombre et chevelue heurtant les carreaux des toilettes avec un bruit humide de ballon boueux. Personne n’avait détecté le passage de la mouette. L’éclair d’argent rayant la façade n’avait retenu l’attention d’aucun des garçons. Probablement l’avait-on confondu avec un rayon de soleil ? Il ne savait s’il devait s’en réjouir ou s’en inquiéter.

Dans l’heure qui suivit, une atmosphère de couvre-feu s’abattit sur le collège. Les élèves furent placés en étude, sous l’œil hagard des professeurs, et les membres du club des Survivants entreprirent de patrouiller dans les couloirs, tels des geôliers préposés à la surveillance d’une prison.

Un silence accablé planait sur le bâtiment, et les garçons, courbés sur leurs pupitres, se jetaient à la dérobée des regards inquiets. Dans les petites classes, des gosses pleuraient en reniflant.

— J’veux pas rester ici, hoqueta un élève de sixième, j’ai peur… Y s’passe des choses horribles, j’veux rentrer chez moi.

David quant à lui surveillait le couloir depuis sa porte entrebâillée. Bonnix finit par l’apercevoir et lui adressa un salut martial.

— Comment ça se présente ? hasarda David.

— Le shérif vient d’arriver, siffla le jeune homme, la bouche en coin. Pas de problème. C’est bon pour nous tout ça.

— Bon pour nous ?

— Mais oui, d’ici qu’on nomme un nouveau directeur, le portier va assurer la discipline. Notre pouvoir va grandir, Sarella. Il était temps qu’on reprenne cette bicoque en main. Oui, sacrément temps !

David retourna s’asseoir sur son lit. Il imaginait la cour déserte. Et la tête du directeur posée là, à l’entrée des toilettes, la bouche béante, des gravillons incrustés dans les joues. Les flics étaient en bas. Des flics patauds au cerveau engourdi par l’inexpérience et la bière. Des flics de Triviana dont l’autorité s’exerçait d’ordinaire sur les braconniers, les voleurs de poules, les campeurs en maraude et les alcooliques du samedi soir.

Ils verraient l’écusson de métal détaché de la façade, ils concluraient immanquablement à l’accident, et tout serait classé.

« Ah ! c’est pas beau, c’est sûr, déclarerait le shérif, mais c’est rien à côté du jour où Charles Whisler s’est fait happer par sa moissonneuse-batteuse ! »

David serra les poings. Il lutta contre l’envie qui lui venait de pousser ses volets et de crier à tue-tête : « C’est une mouette qui a fait le coup, shérif, une mouette de chrome aux ailes tranchantes ! »

Non, c’était dingue. Personne ne le croirait. Personne à l’exception de Jonas Stroke, mais comment traverser la campagne à présent avec la menace de cet oiseau de fer planant au-dessus des nuages ?

« S’ils sont suffisamment intelligents, ils ne tenteront pas deux fois le même coup, décida l’adolescent. Deux têtes coupées à quelques jours d’intervalle ça paraîtrait vraiment bizarre. Oui, mais voilà : sont-ils assez intelligents pour tenir compte de cette objection ? »

Des voix s’élevaient de la cour, incompréhensibles. Une portière claqua. Le gyrophare d’une ambulance jeta un éclat de lumière entre les fentes des volets. On enlevait le corps. David sursauta en voyant sa porte s’entrouvrir ; c’était Bonnix. Il ricanait.

— Ah-Ah ! Tu ne connais pas la dernière ? Il paraît que la mère Bouffe-minou a piqué une crise de nerfs quand le shérif l’a interrogée ! Elle est tombée à la renverse, les pattes en l’air, la jupe sur le ventre. Il paraît qu’on lui voyait le cul ! Quelle conne !

David se força à rire, mais il était mort de peur.